* Saodaj’ * – la « saudade » portugaise revisitée à la sauce maloya-réunionnaise !

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Merci SAODAJ’ (Marie Lanfroy, Mélanie Bourire, Frédérick Cipriano, Jonathan Itéma, Anthony Sery) ainsi que Les Bringelles (Maya Pounia, Mélanie Bourire, Marie Lanfroy, Magali Ines) dont la 1ère partie fut une super mise en chauffe !… et en émotion, avec la bouleversante chanson sur les exilés, interprétée a cappella par Marie Lanfroy – pour ce beau moment de communion que vous nous avez offert samedi (24/03/2018).Merci pour cette ouverture d’écrin enserrant le cœur palpitant du Maloya, plus que jamais vivant, car carburant à l’essence ancestrale des sons et vibrations endémiques de La Rényon, rescapés de l’extinction grâce à la perpétuation secrète de sa pratique. – Le Maloya, jugé primaire, dépravé ou subversif, au milieu du siècle dernier, fut interdit jusqu’à sa libération et sa reconnaissance par François Mitterrand en 1981. Depuis 2009, il est inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO –
Aujourd’hui, les enfants de la créolité, à l’image de Saodaj’, portent haut le flambeau des Firmin Viry et Danyel Waro, en maîtrisant les instruments traditionnels tels que le bobre, le roulèr, le kayamb, le pikèr, le sati… auxquels vinrent s’additionner, ensuite, le djembé, le triangle… et auxquels Saodaj’ a eu la bonne idée d’ajouter, aujourd’hui, un didgeridoo (caractéristique trompe en bois des aborigènes australiens) qui apporte son complément d’âme primitive dont le vrombissement, sourd et profond, remonte à la nuit des temps.
Tous ces instruments magiques – car passeurs, à travers les âges, d’une musicalité sacrément spirituelle – parlent à l’âme autant qu’au corps qu’ils transportent dans la transe qu’ils portent !
DONC, remerciements renouvelés à Saodaj’ – et consoeurs bringelliennes – pour ce magnifique voyage spatio-temporel et extra-sensoriel, qui eut lieu un samedi soir, sur la terre… 😉 au clair de la « Stella Matutina » on Reunion Island ! 😀
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A l’attention de celles et ceux qui ne connaîtraient pas Saodaj’, voici la vidéo d’un de leurs titres, particulièrement allègre et envoûtant : « Pokor lèr »
(pas encore l’heure), qu’on adore.

Et si ce formidable groupe réunionnais qui mérite vraiment d’être connu et reconnu, retient votre attention et attire votre sympathie, n’hésitez pas à vous rendre sur la contribution Ulule Saodaj’ pour apporter votre pierre à l’édifice de leur prochain EP, en cours de réalisation ! Il ne reste plus que 5 jours (aujourd’hui 28 mars) avant la fin de la souscription ! (le 2 avril)


PAROLES de *Pokor lèr*
(S.Arhiman–J.Itéma–A.Séry / M.Lanfroy)

« Alon marmay rant dann ron
Tér la na manzé pou lo kèr
Dann somin pavé na avansé
Sa pa malizé pou nou kapoté.

Doubwaï iaï iaï sèm manai

Riskap lavalas gatir out kor
Sa pa listwar pou fan’ out kador
Kabar li mèm limyèr out somanké
Bourzon out kèr wa pèt an flèr dann zalizé.

Dépwak out léspri karyaké
Pou ou dékony out kèr brizé
Na ankor pour éspéré
Si somin nou mèm la galizé.

Doubwaï iaï iaï sèm manai

Galizé !
Amizé ! »

***** TRADUCTION *****

*Ce n’est pas encore l’heure*

« Allez venez, entrez dans la danse
Là où il y a à manger pour le cœur
Sur d’anciens chemins nous avancerons
Il n’y aura pas de mauvais vent pour nous faire chavirer.

Doubwaï iaï iaï sèm manai

Peut-être que les pluies diluviennes tétanisent ton corps
Mais sache que ton histoire ne peut t’affaiblir
Le Kabar*, la lumière de tes certitudes
Ouvrira ton cœur à la liberté,
Laisse-toi porter par les alizés

Brise le carcan de ton esprit
Soigne ton cœur meurtri
Il y a encore à espérer
Sur les chemins que nous avons nous-mêmes tracés.

Doubwaï iaï iaï sèm manai

Créons !
Amusons-nous ! »

(* Kabar : rassemblement musical où l’on joue le Maloya)

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Archéo-balade en sol majeur à 2 pas de la Grotte des 1ers Français (Reunion Island)

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Ce samedi 24 février 2018, l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), avec le soutien de la DAC OI (Direction des Affaires Culturelles – Océan Indien), avait organisé une journée *portes ouvertes* (en plein air) sur un site de fouilles préventives (avant construction d’un ensemble immobilier) qui ont mis au grand jour un habitat saint-paulois du 18ème siècle.
Nous y étions, èk in tacon d’autres amatrices et mateurs de vestiges du passé, sous soley qui pouakait in bonpé. 😀

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Voici la chronique de ces fouilles contée par l’Inrap :

À l’entrée sud de St-Paul, près du cimetière marin,les archéologues de l’Inrap mènent une fouille préventive sur environ 7 000 m². Préalable à la construction de logements par la SEDRE, cette opération prescrite par l’État (direction des affaires culturelles – océan Indien), révèle les vestiges d’un habitat du XVIIIe siècle.
Les recherches se poursuivront jusqu’au 17 mars 2018.

Le diagnostic mené dans un premier temps par les archéologues de l’Inrap sur près de deux hectares, a permis d’identifier deux secteurs éloignés de quelques dizaines de mètres, regroupant les principaux vestiges.
Le premier secteur contient en effet une maçonnerie légère en blocs et galets de roches locales noyés dans un mortier de chaux. Elle est accompagnée de structures creusées, vestiges probables de fosses de calage de poteaux.
Le second secteur contient des structures identiques mais aussi quelques trous de poteaux dont l’un conserve un anneau métallique, sans doute destiné à cercler et consolider le poteau de bois. Une autre fosse, située à proximité des bâtiments sur charpente de bois, contenait un vaste récipient : un saloir enfoui qui aurait pu être remployé comme réserve d’eau.

Un mobilier archéologique remarquable

Près de 200 objets, conservés dans les niveaux de sols et le comblement des différentes fosses, ont été découverts. De rares éléments de récipients en verre (bouteilles) et quelques objets métalliques (clous forgés de section carrée), côtoient une importante collection de fragments de céramiques. Ces poteries sont importées soit d’Europe – France et Angleterre – soit de Chine, et se distinguent des services à thé et des assiettes en porcelaine richement décorées.

Fossés et mise en culture ?

Les archéologues ont également mis en évidence un ensemble de fossés parallèles et équidistants, évoquant une mise en culture raisonnée du secteur. Des analyses seront conduites afin de déterminer les espèces cultivées.
D’autres structures ont été dégagées : des fosses circulaires identiques (1 mètre de diamètre, 80 cm de profondeur) chemisées par une maçonnerie circulaire. Ce pourrait être des vestiges de silos. Leur localisation à proximité de parcelles cultivées conforterait cette hypothèse.
Ce site d’habitat, essentiellement composé de bâtiments sur poteaux et daté la seconde moitié du XVIIIe siècle, reste partiellement inédit. En effet, seule une carte éditée en 1806 mentionne dans ce secteur de Saint-Paul un bâtiment.
La fouille exhaustive en cours et l’analyse des vestiges devraient permettre de préciser le statut de cette installation : habitat pérenne ou succession d’occupations ? vocation agricole ?
Les archéologues souhaitent éclaircir les raisons de son abandon et de son déplacement.

Aménagement : SEDRE
Contrôle scientifique : Virginie Motte, DAC oI
Recherches archéologiques : Inrap
Responsable scientifique : Thierry Cornec, Inrap