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Ce samedi 24 février 2018, l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), avec le soutien de la DAC OI (Direction des Affaires Culturelles – Océan Indien), avait organisé une journée *portes ouvertes* (en plein air) sur un site de fouilles préventives (avant construction d’un ensemble immobilier) qui ont mis au grand jour un habitat saint-paulois du 18ème siècle.
Nous y étions, èk in tacon d’autres amatrices et mateurs de vestiges du passé, sous soley qui pouakait in bonpé. 😀

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Voici la chronique de ces fouilles contée par l’Inrap :

À l’entrée sud de St-Paul, près du cimetière marin,les archéologues de l’Inrap mènent une fouille préventive sur environ 7 000 m². Préalable à la construction de logements par la SEDRE, cette opération prescrite par l’État (direction des affaires culturelles – océan Indien), révèle les vestiges d’un habitat du XVIIIe siècle.
Les recherches se poursuivront jusqu’au 17 mars 2018.

Le diagnostic mené dans un premier temps par les archéologues de l’Inrap sur près de deux hectares, a permis d’identifier deux secteurs éloignés de quelques dizaines de mètres, regroupant les principaux vestiges.
Le premier secteur contient en effet une maçonnerie légère en blocs et galets de roches locales noyés dans un mortier de chaux. Elle est accompagnée de structures creusées, vestiges probables de fosses de calage de poteaux.
Le second secteur contient des structures identiques mais aussi quelques trous de poteaux dont l’un conserve un anneau métallique, sans doute destiné à cercler et consolider le poteau de bois. Une autre fosse, située à proximité des bâtiments sur charpente de bois, contenait un vaste récipient : un saloir enfoui qui aurait pu être remployé comme réserve d’eau.

Un mobilier archéologique remarquable

Près de 200 objets, conservés dans les niveaux de sols et le comblement des différentes fosses, ont été découverts. De rares éléments de récipients en verre (bouteilles) et quelques objets métalliques (clous forgés de section carrée), côtoient une importante collection de fragments de céramiques. Ces poteries sont importées soit d’Europe – France et Angleterre – soit de Chine, et se distinguent des services à thé et des assiettes en porcelaine richement décorées.

Fossés et mise en culture ?

Les archéologues ont également mis en évidence un ensemble de fossés parallèles et équidistants, évoquant une mise en culture raisonnée du secteur. Des analyses seront conduites afin de déterminer les espèces cultivées.
D’autres structures ont été dégagées : des fosses circulaires identiques (1 mètre de diamètre, 80 cm de profondeur) chemisées par une maçonnerie circulaire. Ce pourrait être des vestiges de silos. Leur localisation à proximité de parcelles cultivées conforterait cette hypothèse.
Ce site d’habitat, essentiellement composé de bâtiments sur poteaux et daté la seconde moitié du XVIIIe siècle, reste partiellement inédit. En effet, seule une carte éditée en 1806 mentionne dans ce secteur de Saint-Paul un bâtiment.
La fouille exhaustive en cours et l’analyse des vestiges devraient permettre de préciser le statut de cette installation : habitat pérenne ou succession d’occupations ? vocation agricole ?
Les archéologues souhaitent éclaircir les raisons de son abandon et de son déplacement.

Aménagement : SEDRE
Contrôle scientifique : Virginie Motte, DAC oI
Recherches archéologiques : Inrap
Responsable scientifique : Thierry Cornec, Inrap

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